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Les Temples d’Angkor

« Le cœur et l’âme du Cambodge » dit le Lonely Planet. « La fusion parfaite d’une ambition créative et d’une dévotion spirituelle. »

Le royaume Khmer dura du IXe au XVe siècle. À son apogée il domina une large frange de l’Asie du Sud-Est continentale, de la Birmanie à l’ouest au Vietnam à l’est. Sa capitale, Angkor, ne comptait pas moins de 750 000 habitants et couvrait une superficie d’environ 1 000 km2. Angkor a connu l’un des effondrements les plus spectaculaires de tous les temps. A l’exception du temple principal, Angkor Vat, la jungle a englouti la totalité des temples et bâtiments.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle des explorateurs ont redécouvert les sites et depuis le début du XXe des équipes d’archéologues les ont patiemment réhabilités.

J’ai visité les temples d’Angkor quatre fois durant les dix-huit ans que nous sommes venus au Cambodge. Ils n’ont rient perdu de leur grandeur et de leur splendeur, par contre je n’y retrouve plus l’ambiance mythique et spirituelle: il y a trop de touristes. Quatre millions par année.

Je ne vais pas vous ennuyer avec l’histoire des centaines de temples, des rois-dieux, Yayavarman, Suryavarman et les autres. Si vous avez envie de savoir plus sur l’histoire de l’époque et sur l’architecture vous trouvez plein de pages sur le web.

Angkor Vat, le plus grand des temple, est l’un des sites religieux les plus grands du monde. Il est entouré de douves d’une taille qui ferait pâlir tout château européen.

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Bayon reflète l’égo de son bâtisseur, le roi Yayavarman: 54 tours avec 216 têtes qui ressemblent – paraît-il – à son effigie au sourire énigmatique.fullsizeoutput_3f99

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Ta Prohm est envoûtant par le fait qu’il nous montre l’état dans lequel les temples étaient lors de leur découverte après leur temps passé aux oubliettes: il démontre la force de la nature qui avait repris ses droits en engloutissant les oeuvres humaines.fullsizeoutput_3aa4

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Et pour finir Banteay Srei, le temple des dames, un petit joyaux de délicatesse et de finesse. Il faut une heure en tuk-tuk pour l’atteindre. Contrairement aux autres on a utilisé une pierre rouge pour sa construction.

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L’Île au Lapin

Koh Tonsay, l’île au lapin. Il est dit que les indigènes lui ont trouvé la forme d’un lapin – voilà ce qu’une bonne dose de bière Angkor ou autre peut faire….

L’île est petite et bien boisée, avec en son centre une colline, entourée d’un beau ruban de plages de sable. La plus longue fait 400 mètres. Elle se situe face au coucher du soleil. Longée de plateformes en bois dont le toit de feuilles de palmiers abrite les hamacs. Dans les petites gargotes on mange aussi bien les rouleaux de printemps que les fruits de mer. Les jus de fruits frais, mangue, limette, pastèque, fruit de la passion sont délicieux.Tout est resté simple depuis qu’on l’a visitée la dernière fois il y a treize ans. Les gargotes sont plus nombreuses et des chaise-longues et transats sont venus s’ajouter.

Les gens de Kep et les touristes aiment venir ici et profiter du calme et de la mer qui ondule gentiment en cette matinée. La baignade dans l’eau chaude et peu profonde est un vrai plaisir.

fullsizeoutput_3d97Départ de Kep. Les bateaux sont un peu plus grands que dans le passé et couverts. La traversée prend trente minutes.

fullsizeoutput_3f52Nous ne sommes que les deux sur notre barque. Au font la silhouette de l’Île au Lapin.

fullsizeoutput_3f59L’arrivée sur l’île.

fullsizeoutput_3f53La balade dans le sable.

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fullsizeoutput_3f5aDolce farniente locale.

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fullsizeoutput_3f51Un plus grand bateau attend ses clients.

fullsizeoutput_3f5cLe bateau de pêche attend le soir pour reprendre le travail.

fullsizeoutput_3f58Et le nôtre est prêt pour le retour.

fullsizeoutput_3dd7Arrivé au ponton de Kep..

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Une histoire poivrée

La route rouge et poussiéreuse nous fait traverser de petits villages aux maisons sur pilotis disséminées autour d’une petite pagode, de rizières et de champs de canne à sucre. Notre tuk-tuk longe un grand plan d’eau, le Lac Secret qui n’a rien de secret et passe devant plusieurs tombeaux chinois.

fullsizeoutput_3b56Tuk-tuk-tuk-tuk

fullsizeoutput_3b2bLe riz est presque mûr, la récolte se fera en novembre, au Cambodge il n’y a qu’une seule récolte par année car il manque un système d’irrigation efficace durant la saison sèche.

fullsizeoutput_3b58Un tombeau chinois gardé par une vache.

fullsizeoutput_3cf3Le Lac Secret

fullsizeoutput_3d45La route rouge, mon amie Caterina et notre tuk-tuk

Arrivées à la plantation de poivre, nous sommes assoiffées et heureuses de siroter l’eau de coco à l’aide d’une paille introduite directement au cœur de la noix de coco verte et fraîche. Chaque noix de coco contient environ un demi-litre de ce délicieux liquide, parfumé et désaltérant, qu’il ne faut pas confondre avec le lait de coco produit de la chair.

Ensuite nous sommes prêtes à écouter les explications sur le poivre, cette épice bien connue depuis l’Antiquité.

Originaire de la forêt du Kerala, au sud de l’Inde, la plante s’est répandue dans les autres régions tropicales du monde. En botanique le poivre appartient à la famille des pipéracées et le nom scientifique est Piper Nigrum. C’est une liane vivace et grimpante qui nécessite un arbre comme support ou un poteau, afin de croître en hauteur. Le poivrier commence à produire des baies rondes à partir de la 3ème ou 4ème année de plantation. La baie de poivre se présente en grappes, les grains mesurent environ 5 mm de diamêtre.

Le poivre de Kampot  doit sa saveur particulière à son terroir propice et à une production exclusivement biologique.

La culture du poivre au Cambodge est relativement ancienne. On en retrouve des traces dans le XIIème siècle lorsque l’Empire Khmer s’étendait sur une grande partie de l’Asie du Sud-Est.

Les plantations dans la région de Kampot et de Kep se sont développées à la fin du XIXème siècle.  Après une rapide croissance favorisée par les autorités coloniales françaises,  la production a stagné, essentiellement à cause de l’inconstance de la politique du protectorat qui a tenté de limiter l’exportation à la métropole.

La plus grande menace est intervenue en 1975, lorsque le pays a basculé dans la terreur khmère rouge.  Les terrains étaient alors reconvertis en rizières et il s’en est fallu de peu que la culture poivrière ne disparaisse. Néanmoins, grâce à l’obstination de quelques familles d’anciens planteurs, le poivre cambodgien retrouve peu à peu ses lettres de noblesse.

À présent, grâce à l’aide de coopératives, d’un séchage et d’un tri des grains de qualité, il reconquiert sa réputation.

C’est le premier produit agricole cambodgien à recevoir une IGP (indication géographique protégée), qui lui a été délivrée en 2010. Cette indication géographique lui permet de bénéficier d’un label protégé dans les pays reconnaissant cette indication, l’Union européenne notamment. Cette décision et les efforts locaux devraient permettre une renaissance de sa culture.

Sous le nom protégé « Poivre de Kampot » le poivre d’ici se place parmi les meilleurs du monde. En 2017 la production  du véritable poivre de Kampot devrait atteindre 100 tonnes.

fullsizeoutput_3b47Les grappes du jeune poivre vert.

fullsizeoutput_3b49Les lianes du poivre s’attachent autour de tuteurs et peuvent atteindre quatre mètres de hauteur.

fullsizeoutput_3cf7Chaque champ de poivre est entouré d’une protection de feuilles de palmiers. Au premier plan des jeunes pousses de durian, ce gros fruit à piquants au parfum nauséabond mais plein de vitamines.

fullsizeoutput_3cf8Premiers achats, ce n’est pas tout. Je veux des réserves de poivre de Kampot pour les années à venir….

Les variétés de poivre

Les baies de poivre sont toutes issues de la même plante mais cueillies ou traitées à différents stades de maturité. Comme le vin, un bon poivre ne doit pas se mélanger (il n’est pas concevable de verser du vin rouge et blanc dans le même verre).

Le vert. La récolte du poivre vert débute à partir du mois d’octobre, lorsqu’il est encore jeune et tendre. Lors d’une cueillette en décembre juste avant maturité, il possède un goût épicé plus prononcé. Récolté jeune sur la liane, ses arômes explosent littéralement en bouche du fait d’un piquant peu prononcé.

Le noir. Le poivre noir n’est autre que du poivre vert qui une fois arraché devient noir par un procédé d’oxydation naturelle. Il a cependant eu le temps de développer des arômes forts et délicats. Son goût très intense et doux à la fois révèle des notes fleuries d’eucalyptus et de menthe fraîche.

Le rouge. Le poivre auquel on a laissé le temps de prendre en maturité (et dans des conditions d’ensoleillement suffisant) prend une couleur rouge, il est alors cueilli en mars à la main et mis à sécher huit jours. Les arômes du fruit viennent enrober le piquant du poivre et amener des saveurs qui se marient très bien à la viande rouge.

Le blanc. Le poivre blanc est en réalité des grains de poivre rouge séché auxquels on retire la peau  (à la main!) pour faire apparaître le cœur blanc. Son côté piquant relève les salades et les fruits de mer.

Et le prix?

En bouche il évoque la guimauve et la puissance se développe longuement. Son prix de vente en Suisse vacille entre 180 et 250 CHF le kilo. Chez le producteur à Kep le kilo coûte à présent entre CHF 30 et 50.

Publicité trouvée sur un site Suisse:  « Un poivre très élégant avec des notes sucrées, envoûtantes, légèrement florales ».

Je suis entièrement d’accord. Rien ne vaut le poivre de Kampot!

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Personne ne vient à Kep pour trois mois! Sauf nous!

Les murs affichent des traces noires de feu, d’humidité et de décrépitude. Ils se dressent en désolation. Ces coquilles vides n’ont plus de toit depuis plus de quarante ans et les trous béants des fenêtres accusent l’histoire d’un passé violent. Deux colonnes solitaires raccourcies et abîmées témoignent d’un style colonial. Le tout laissé à l’abandon entouré de verdure sauvage. Un mur en pierre presque en bon état encercle la propriété. Propriété de qui ?

Il y a encore à Kep quelques-uns de ces vestiges du début du vingtième siècle quand l’élite française aimait venir se ressourcer ici, dans ce haut lieu de soleil, fruits de mer et crabes, de casinos et de couchers de soleil fabuleux. La romance de cette villégiature mondaine a été poursuivie par la classe supérieure cambodgienne jusque dans les années soixante.

La fin est arrivée brutalement avec l’avènement des Khmers Rouges qui ont entièrement dévasté et détruit toutes ces demeures empreintes de luxe, de richesse et d’une vie trop légère à leur goût.

Beaucoup de ces ruines ont disparu au cours des années. Elles ont laissé la place à des terrains vagues qui gisent entre de vieux murs d’enceinte. Pendant longtemps Kep a dormi, abandonnée telle la belle au bois dormant. Sa cote reprend. De plus en plus de nouvelles villas coquettes, élégantes ou kitsch aux vitres bleutées, aux coursives à colonnades et aux jardins soignés font leur apparition. La bourgeoisie khmère est de retour.

La commune est très vaste. Depuis quelques années elle a été sortie de la gouvernance de Kampot pour former une province indépendante. De larges autoroutes sillonnent cette partie de la côte, des bâtiments officiels et fiers de l’être s’érigent un peu partout. Ministère du commerce, ministère des finances ou de l’environnement, de la police ou de l’éducation.

Néanmoins, Kep, au profile d’une bourgade reste un lieu de calme et surtout sans vie nocturne aucune. Un petit malin avait essayé d’ouvrir un club, le « Happy Kep » il y a quelques années. Il est toujours là mais fermé. Il n’y avait pas de demande….

Au fil du temps la mer a avalé les plages, une belle bande de sable blond et fin a été aménagé artificiellement au milieu du village. Les baigneurs s’y prélassent. Tout le long de la côte s’alignent des plateformes en bois sous un toit de feuilles de palmiers avec des hamacs où les Cambodgiens aiment venir se reposer, boire et manger. Les bateaux de pêcheurs partent tous les jours en mer et ramènent du poisson, des fruits de mer et surtout des crabes, la spécialité et l’emblème de Kep. Adossé au marché aux crabes qui grouille de monde on a le choix entre une vingtaine de petits restaurants pour assouvir son envie de crabe. Ils surplombent la mer et sont étroits comme un krama, ce fameux foulard khmer.

Kep a un club de voile, une belle pagode sur la colline et une mosquée, un marché à deux kilomètres du centre et un petit musée je crois. Et un peu partout des sculptures : Un crabe pour la bienvenue, Vishnu, une dame blanche, un cheval blanc et d’autres encore.

La ville est entourée de salines, de rizières et de plantations de poivre, cette épice mondialement connue qui est la fierté des provinces de Kampot et de Kep et qui doit sa saveur particulière à son terroir et à sa production bio.

A quelques kilomètres seulement on entre dans le parc national avec ses forêts, petits lacs, rivières, grottes et cascades.

Et pour la belle baignade, il y a la petite île du Lapin au large, à une demi-heure de bateau. Nous sommes ici depuis quatre semaines mais ne l’avons pas encore foulée. Dès que la pluie prendra une pause nous allons redécouvrir ses plages de rêve que nous avons connues avec Nina, Alex et Zoé il y a 14 ans. Ce sera le sujet d’un autre article.IMG_4296

Vestiges d’un passé glorieux.

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Le présent à l’honneur: le gouvernement de la province de Kep.

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Une touche de propagande.

Le marché aux crabes.

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Détente dans un hamac le long des quais.

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Offrandes dans la petite pagode.

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Un peu de shopping au bord de la route? Une robe à froufrous? Des lunettes des soleil?

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Pas aujourd’hui…. on continue!

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Observons la mer!

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On a fait plusieurs tours dans les salines de Kep mais jamais vu personne au travail!

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La Dame Blanche est nue, les baigneurs vont plutôt habillés dans l’eau.

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Bienvenue à Kep!