Personne ne vient à Kep pour trois mois! Sauf nous!

Les murs affichent des traces noires de feu, d’humidité et de décrépitude. Ils se dressent en désolation. Ces coquilles vides n’ont plus de toit depuis plus de quarante ans et les trous béants des fenêtres accusent l’histoire d’un passé violent. Deux colonnes solitaires raccourcies et abîmées témoignent d’un style colonial. Le tout laissé à l’abandon entouré de verdure sauvage. Un mur en pierre presque en bon état encercle la propriété. Propriété de qui ?

Il y a encore à Kep quelques-uns de ces vestiges du début du vingtième siècle quand l’élite française aimait venir se ressourcer ici, dans ce haut lieu de soleil, fruits de mer et crabes, de casinos et de couchers de soleil fabuleux. La romance de cette villégiature mondaine a été poursuivie par la classe supérieure cambodgienne jusque dans les années soixante.

La fin est arrivée brutalement avec l’avènement des Khmers Rouges qui ont entièrement dévasté et détruit toutes ces demeures empreintes de luxe, de richesse et d’une vie trop légère à leur goût.

Beaucoup de ces ruines ont disparu au cours des années. Elles ont laissé la place à des terrains vagues qui gisent entre de vieux murs d’enceinte. Pendant longtemps Kep a dormi, abandonnée telle la belle au bois dormant. Sa cote reprend. De plus en plus de nouvelles villas coquettes, élégantes ou kitsch aux vitres bleutées, aux coursives à colonnades et aux jardins soignés font leur apparition. La bourgeoisie khmère est de retour.

La commune est très vaste. Depuis quelques années elle a été sortie de la gouvernance de Kampot pour former une province indépendante. De larges autoroutes sillonnent cette partie de la côte, des bâtiments officiels et fiers de l’être s’érigent un peu partout. Ministère du commerce, ministère des finances ou de l’environnement, de la police ou de l’éducation.

Néanmoins, Kep, au profile d’une bourgade reste un lieu de calme et surtout sans vie nocturne aucune. Un petit malin avait essayé d’ouvrir un club, le « Happy Kep » il y a quelques années. Il est toujours là mais fermé. Il n’y avait pas de demande….

Au fil du temps la mer a avalé les plages, une belle bande de sable blond et fin a été aménagé artificiellement au milieu du village. Les baigneurs s’y prélassent. Tout le long de la côte s’alignent des plateformes en bois sous un toit de feuilles de palmiers avec des hamacs où les Cambodgiens aiment venir se reposer, boire et manger. Les bateaux de pêcheurs partent tous les jours en mer et ramènent du poisson, des fruits de mer et surtout des crabes, la spécialité et l’emblème de Kep. Adossé au marché aux crabes qui grouille de monde on a le choix entre une vingtaine de petits restaurants pour assouvir son envie de crabe. Ils surplombent la mer et sont étroits comme un krama, ce fameux foulard khmer.

Kep a un club de voile, une belle pagode sur la colline et une mosquée, un marché à deux kilomètres du centre et un petit musée je crois. Et un peu partout des sculptures : Un crabe pour la bienvenue, Vishnu, une dame blanche, un cheval blanc et d’autres encore.

La ville est entourée de salines, de rizières et de plantations de poivre, cette épice mondialement connue qui est la fierté des provinces de Kampot et de Kep et qui doit sa saveur particulière à son terroir et à sa production bio.

A quelques kilomètres seulement on entre dans le parc national avec ses forêts, petits lacs, rivières, grottes et cascades.

Et pour la belle baignade, il y a la petite île du Lapin au large, à une demi-heure de bateau. Nous sommes ici depuis quatre semaines mais ne l’avons pas encore foulée. Dès que la pluie prendra une pause nous allons redécouvrir ses plages de rêve que nous avons connues avec Nina, Alex et Zoé il y a 14 ans. Ce sera le sujet d’un autre article.IMG_4296

Vestiges d’un passé glorieux.

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Le présent à l’honneur: le gouvernement de la province de Kep.

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Une touche de propagande.

Le marché aux crabes.

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Détente dans un hamac le long des quais.

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Offrandes dans la petite pagode.

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Un peu de shopping au bord de la route? Une robe à froufrous? Des lunettes des soleil?

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Pas aujourd’hui…. on continue!

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Observons la mer!

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On a fait plusieurs tours dans les salines de Kep mais jamais vu personne au travail!

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La Dame Blanche est nue, les baigneurs vont plutôt habillés dans l’eau.

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Bienvenue à Kep!

3 commentaires sur « Personne ne vient à Kep pour trois mois! Sauf nous! »

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